Démarche artistique / Artistic process

Ma pratique artistique est pluridisciplinaire et tournée vers des pièces en deux dimensions: vidéo (et son), photographie, peinture et dessin (techniques mixtes) et écriture. Elle est aussi transdisciplinaire par mon association à des artistes d’autres disciplines (musique concrète, danse contemporaine, poésie). Dans ce laboratoire de formes où différents langages artistiques se font écho, les frontières des définitions s’estompent: trouble entre abstraction et la représentation, confusion dans l’identification des médiums, transversalité des projets, notions d’intérieur et d’extérieur et présence récurrente d’objets tels que fenêtres, vitres, portes, miroirs ou simples rectangles pouvant évoquer les écrans. La notion de seuil, névralgique dans mes réflexions, prendre l’allure d’une métaphore car elle exprime plastiquement les idées qui habitent ma démarche: le langage, le regard et la notion de frontière (qu’elle soit physique ou psychique).

Je m’attache intensément au détail, cherchant à saisir dans les objets et les événements infimes ce que l’ordinaire a de remarquable; à concrétiser la rencontre entre le monde extérieur et ma sensibilité personnelle. L’architecture, le paysage et les objets inanimés sont mes sujets, la plupart du temps dépouillés de la présence humaine ou animale. Je cherche à créer les conditions (je pourrais même dire les «espaces») qui se prêtent le mieux à accueillir les interprétations personnelles et subjectives du public, pour l’inviter à se pencher sur lui-même. Partant du principe que les raisons qui ont donné telle forme à une pièce artistique échappent par définition au public parce que le regard de chacun est différent, je tente d’éclipser mes intentions le plus longtemps possible pour que la première rencontre du public avec celle-ci soit une rencontre avec lui-même.

La question de la médiation se posant toujours tôt au tard, et habituellement dans un second temps, j’observe que le discours explicatif vient altérer la pièce présentée, car elle vient se greffer sur elle. Observer ces deux modalités d’existence d’une pièce artistique constitue, au cœur de ma démarche, une extension de mon questionnement sur le regard, le langage et les frontières.

I am intensely attached to small details, trying to catch inside ordinary objects and events what the ordinary has of extra-ordinary. Architecture, landscapes and inanimate objects are my subjects, most of the time devoid of any human or animal presence. When something alive is present, it is part of a whole, it does not relegate the landscape to the role of a simple background.

Light is what my art is created from, as light is, in this world, what images are made of. It allows and prevents us from seeing space, as our sensorial experience of the world is always a partial one, objectivity is impossible. It is the more or less fugitive effect of light that reveals us the space. Light becomes then the concrete metaphor of the subjectivity of the view: the meeting of the exterior world that we all share and our own, personal, interior space. The feeling of familiarity or of otherness can let us feel some form of contact: my works of art are my answers, but also a form of question I ask the viewer, with the desire to create a link between us in the form of the visual language, one that can be enough on its own without the need for words.

I am a pluridisciplinar artist. Photography and video constitute the bulk of what I do, but with a constant influence from all disciplines on all others. The distinctions between different medias become blurred, (photography often has pictural resonances, painting can sometimes be mistaken for abstract photography, my videos borrow from photography their stillness). The images I craft are often characterized by a form of depletion of information, a visual silence that suggests something other: the viewer’s own interpretation. Like mirrors, what we see in them is influenced by where and what we are.