Démarche artistique

Je m’attache intensément au détail, cherchant à saisir dans les objets et les événements infimes ce que l’ordinaire a de remarquable. L’architecture, le paysage et les objets inanimés sont mes sujets, la plupart du temps dépouillés de la présence humaine ou animale qui, quand elle est présente, fait partie d’un tout : elle ne relègue pas le reste de l’image au second plan.

La lumière est à la fois mon premier matériau de travail et la base de ma réflexion car c’est elle qui crée les images du monde. Elle donne à voir l’espace autant qu’elle le cache, car l’expérience sensible qu’elle nous permet d’avoir du monde est toujours partielle, d’une impossible objectivité. C’est l’effet plus ou moins fugitif de la lumière qui nous révèle l’espace. La lumière devient alors la métaphore concrète de la subjectivité du regard : la rencontre entre l’espace extérieur que nous partageons tous et la sensibilité personnelle qui nous différencie. L’expérience de la familiarité ou de l’étrangeté peut nous amener à sentir un contact: mes créations sont mes réponses, ce sont aussi des questions que je propose à l’autre avec le désir d’établir un lien par un langage visuel, qui voudrait se suffire à lui-même en se passant de mots.

Ma pratique artistique est pluridisciplinaire. La photographie et la vidéo forment la plus grande partie de mon travail, bien que celui-ci se caractérise par l’influence réciproque que chaque discipline que je pratique a sur les autres. Les frontières des média artistiques se brouillent (la photographie a souvent des résonances picturales, la peinture peut parfois être confondue avec de la photographie abstraite, la vidéo emprunte à la photographie le plan fixe). Les images que je fabrique présentent souvent une «économie d’informations», un silence visuel qui renvoie à quelque chose qui les dépasse: l’interprétation de celui qui les regarde. A la manière de miroirs, elles reflètent ce que chacun voit en elles.