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Psyché

Psyché met en scène un objet énigmatique: un genre de casse-tête fait de bois et de reflets générant des formes géométriques. Subrepticement, des indices se présentent à nous et révèlent timidement la nature de l’objet: c’est une armoire. Le son nous rattache à la nature de l’objet alors que l’image échappe à notre compréhension (bien qu’on saisisse qu’il s’agit d’un miroir mobile). La vidéo présente des mouvements qui ont une apparence géométrique et abstraite alors que l’objet montré et entendu, l’armoire, est étroitement lié à une réalité matérielle concrète et intime. Psyché évoque l’idée d’un espace mental.

«Psyché» is a work stemming out of an organical evidence, almost mechanical, one could say. It is a visual answer to the question of the singularity of one’s view, a fundamental matter in all of my artistic reflexions. While working on Psyché, I was animated by a form of trust in the ambiguity of the visual language, able to clearly express, without a discourse or even a single word, how different are the feelings an image of reality can cause in every single individual. The mirror, real protagonist of this visual and sonorous project, becomes the metaphorical and symbolic object of this reasoning.

In this particular work the languages of visual and of sound hide two notions that we use to oppose to each other: abstraction and concreteness. «Psyché» is also, in some way, inspired by chinese brain teasers (in its spatial assembly with several plans and in its temporality). It is an enigma that has no solution apart from the one the viewer would like to find in it. (if the work resonates with them that’s already something, even if unforeseeable beforehand, as the work is to the artist like a child is to their parent, at some point it acquires independence in its relations with the exterior world, that cannot anymore be controlled by the creator).

 

Liaisons intempestives

Topographie d’une journée

Topographie d’une journée et Liaisons intempestives forment un diptyque de vidéos pouvant fonctionner séparément. Dans ce diptyque vidéo l’image joue avec plusieurs niveaux d’abstraction. La figuration y est aussi présente (objet, animal, humain), et tout particulièrement avec des portraits. Les fragments vidéos ont été collectés pendant 3 ans, et chaque image a été choisie autant pour ses qualités formelles que pour ce qu’elle représente. La quasi-totalité des plans qui composent ces vidéos sont fixes: elles ont presque un statut de photographie en mouvement. Le mouvement de la caméra dans l’espace fait quasiment irruption ça et là de manière fugitive comme pour soulager les yeux du regardeur et appuyer l’immobilité des autres plans. La narration des deux vidéos suit un ordre personnel obscur, c’est donc au spectateur de définir des liens entre les plans, s’il en trouve.

 

Ligne sensible

 

Ce plan séquence présente une ligne lumineuse jouant de son caractère épuré qui ne donne pas assez d’information pour pouvoir en comprendre sa nature. Ligne de fumée, elle est reconnue en tant que telle par le temps d’observation sur ses lents mouvements, ou bien clairement, quand un coup de vent la perturbe. La ligne de fumée réagit au mouvement de l’air. Elle est l’empreinte des déplacements hors cadre qui ont lieu autour d’elle. La tension qui la trouble, la redresse et guide ses mouvements est à l’image de la tension ressentie par le regardeur qui ne reconnaît ce qu’il voit que quand la ligne se défait pour dévoiler sa matière.

 

Lutte intime

Après une brève introduction d’images illisibles, cette vidéo présente une suite de plans de bâtiments, de détails architecturaux. L’image tremble, c’est là le seul mouvement qu’il y a dans les plans. Ces derniers sont accompagnés d’une dense bande sonore qui semble s’étirer à l’infini. Les bâtiments deviennent comme des corps, ils sont filmés comme des portraits.