Vidéo

Quand nous jetons un œil au miroir, c’est le plus souvent nous-mêmes que nous regardons. Autrement dit, nous ne le regardons pas, nous voyons au delà de lui: nos yeux divergent pour voir une image qui pénètre sa surface, sa peau froide, vertigineuse comme un abîme. Mais lui, le miroir, jette t-il un œil sur ce qui l’entoure? Et dans ce cas, à quoi celui-ci pourrait-il ressembler?

 

Psyché

 2019

vidéo, 1920 x 1080, durée 4’35 »

 

 

Au cœur de l’obscurité, les premiers éclairs fabriquent comme par mégarde, le temps. La lumière se lève. Avec elle surgissent les premières images. Le mouvement témoigne soudain du passage du temps et ce faisant, le jour s’écoule à l’image de l’eau. Nous accrochons notre regard à des objets, des visages, des gestes pour capturer le temps: ils deviennent des repères spatiaux dans l’étendue de notre mémoire.

 

Topographie d’une journée

 2018

vidéo, 1920 x 1080, durée 10’29 »

 

 

Des fragments de mémoire, séparés entre eux par l’absence d’une narration explicite, racontent le passage du temps et les événements quotidiens, entre rêve et réalité, par associations intuitives. Plus qu’une histoire à proprement parler, Liaisons intempestives assemble des instants, par analogies, pour évoquer quelque chose d’aussi obscur et insaisissable que la sensation.

 

Liaisons intempestives

 2019

vidéo, 1920 x 1080, durée 17’23 »

 

 

La lumière se lève de la terre, un jour. Elle révèle. On se souviendra dorénavant de ce lever comme étant le premier d’une série inlassable qui surgira toujours de la nuit profonde. On peut compter sur la nuit, car elle était-là avant la lumière. Elle règne en l’absence de celle-ci. Nous avons construit pendant la nuit, sans regarder où nous mettions les pieds. Maintenant, nous découvrons notre ouvrage. Rigides, les bâtiments tremblent. Sont-ils en train de se défaire? Ou est-ce notre regard qui ne les soutient plus? La lumière nous montre le désastre. Mais ce n’est pas elle qui ébranle: elle ne fait que révéler les bases instables des fondements.

Lutte intime

2018

vidéo, 1920 x 1080, durée 2’59 »

 

 

Une ligne lumineuse apparaît dans le noir, elle est d’une teinte bleutée qui varie subtilement vers le blanc. Elle s’incline doucement, devient floue ou s’intensifie jusqu’à devenir nette comme un fil. Brusquement, elle disparaît en fumée pour se stabiliser de nouveau et varier cette chorégraphie. Ce plan-séquence présente une ligne lumineuse jouant de son caractère évanescent qui ne donne pas assez d’information pour la reconnaître subitement. Ligne de fumée, elle est enfin perçue en tant que telle par le temps d’observation du regardeur sur ses lents mouvements, ou bien clairement, quand un coup de vent la perturbe. La ligne de fumée réagit au mouvement de l’espace autour d’elle. Elle est l’empreinte du déplacement dans l’espace. La tension qui la perturbe, la redresse, guide ses mouvements est à l’image de l’hésitation ressentie par le regardeur qui ne reconnaît avec certitude la nature de ce qu’il regarde que lorsque la ligne se défait pour dévoiler sa nature.

Ligne sensible

2015

vidéo, 1920 x 1080, durée 7’07 »

 

 

La vidéo commence avec un plan-séquence immobile et obscur, soudain perturbé par l’éclat de lumières passagères sur une surface granuleuse. L’éclat de la lumière révèle la matière sur laquelle elle est projetée, mettant en évidence l’aspect irrégulier des affiches collées sur un mur. Au bout d’un certain temps, une figure humaine passe devant les lignes de lumière et des ombres chinoises animent d’une présence fantomatique le mur éclairé.

 

Réflexion

2015

vidéo, 1920 x 1080, durée 4’49 »